Jennifer Lozano.


Le trail pour de nouvelles sensations.



Jennifer, à l'arrivée des Gendarmes et Voleurs de Temps 2017


Jennifer Lozano a connu une riche carrière d’athlète. Sélections sur piste, en cross. De longues préparations spécifiques l’oeil rivé sur le chrono. Un beau record personnel à 2’03” sur 800 m, obtenu en 2010, des médailles nationales conquises sur le tartan et dans les labours. Désormais, si la passion de la course à pied est toujours bien ancrée chez la coureuse de Franconville, c’est sur les sentiers, plus librement, qu’elle s’exprime. La découverte du trail l’an passé a changé la donne.

 

Après des années passées à user les pointes, l'athlète de Franconville avait tourné le dos à la haute-compétition en 2011 : “J’ai terminé sur mon record personnel au 800m. Je voulais arrêter au top, ne pas attendre d’être saturée et trop blessée. “. Une “fin de carrière” en apothéose qui couronnait une progression régulière.

 

 

De la piste à la route

 

Un arrêt tout relatif cependant. Car dès la saison suivante, Jennifer tâte de la course sur route, sur 10 kilomètres principalement. “Je m'entrainais moins mais comme c'était une nouvelle distance, j'avais encore une nouvelle motivation et des buts chronométriques” explique-t-elle.
Ses qualités de vitesse et la base de foncier acquise lors des saisons hivernales en cross parlent encore : Jennifer pointe dès 2012 aux alentours des 36’ et abaisse son meilleur temps personnel à 35’38” en 2015, sur le parcours d’Aubergenville.
Finalement, même si l’entraînement est moins intense, le socle reste le même : les cross l’hiver, pour le club, et même une intersaison sur piste aux Interclubs, où elle réalise encore régulièrement 2’12” sur 800m. “Je restais encore l’oeil rivé sur le chrono.” note Jennifer.

 

 

Le trail, sans chrono ni pression…

 

L’occasion, avec quelques compagnons de clubs, d’aller courir le trail “sur les traces du loup” en forêt de Vendôme, à la fin de la saison estivale l’an passé, va créer un nouveau déclic : “ j’y suis allée un peu par hasard et avec une certaine appréhension car la distance -33 kilomètres- me paraissait extrêmement longue. Je n’avais couru qu’un seul semi-marathon, en 1h20, et n’avais aucun repère sur ce type d’effort. Mais je ne me suis pas mis de pression et j'ai adoré les sensations. Depuis, j’ai décidé de consacrer ma saison 2017 au trail. “.
Un “coup de foudre” pour une discipline qui la plonge dans un univers totalement différent : “L’effort est très long - surtout pour moi qui suis habituée à une très forte intensité sur un temps assez court- mais jamais intense. À Vendôme, je me suis bien amusée. Mon passé de crosswoman m’a aidé pour les appuis et je n’étais jamais dans le rouge.”.
L’idée germe donc de viser une place au Trail Tour National (TTN) sur la distance courte (30 à 40 kilomètres tout de même), pour la saison 2017.

 

Un hiver difficile

 

Les débuts sont très encourageants avec une victoire sur le Sparnatrail, fin novembre. Puis c'est la découverte des plages du Nord Pas de Calais en janvier sur une autre épreuve “TTN” , avec une nouvelle belle victoire à la clé.
L’envie est bien là, mais le corps ne suit pas. “J’étais très fatiguée après cette course et j’aurais dû couper complètement. Mais comme il y avait la saison de cross et l’objectif de se qualifier aux France par équipe avec mon club de Franconville, j’ai enchainé. J’étais fatiguée tout l’hiver. Finalement, mon entraîneur m’a convaincu de couper et de laisser la forme revenir. J’ai fait les cross, pas bien, l’Eco-Trail de Paris pour découvrir et la forme est revenue petit à petit. “

 

 

Après les Interclubs disputés “traditionnellement” sur 800m, Jennifer réalise une course pleine sur les 32 kilomètres de la course des “Gendarmes et voleurs de temps”, à Ambazac, dans le Limousin. Sur cette nouvelle manche du TTN, plus technique et pentue que celles qu'elle avait disputées jusqu'à présent, elle mène presque de bout en bout avant de devoir s’incliner sur la fin. Une deuxième place qui lui permet cependant de reprendre le commandement provisoire du TTN.

 

En tête du Trail Tour National

 

De quoi rester très motivée pour la suite. “Le point d'orgue de la saison seront les championnats de France, à Gérardmer, le 17 septembre. Ce sera un gros challenge en raison de la distance mais surtout du dénivelé, 1700 m positif pour 30 kilomètres, et du terrain. Je n’ai encore jamais couru sur un profil montagnard et ça reste une inconnue. Pistarde à la base, je ne suis pas très à l'aise en montée, alors qu’en descente ça va. Mais je serai surtout là pour apprendre et me faire plaisir. J’espère quand même une bonne place et conserver mon avance au TTN”.

 

Un apprentissage plaisir qu’elle entend poursuivre ces prochaines années. “ La découverte du trail tombait à point nommé. Je commence vraiment à moins apprécier de m'entraîner pour le chrono. Là, c’est une confrontation directe, ça n’a rien à voir. L’effort est doux. En plus, j'ai encore plein de choses à apprendre au niveau technique et sur le dénivelé. Je rêve de courir en montagne, même si c'est un milieu que je connais peu. Pour ces prochaines années, je pense vraiment me consacrer au trail, tout en restant sur des distances raisonnables, 30 kilomètres c’est déjà un saut dans l’inconnu pour moi!”. explique celle qui ne se voit pas un avenir de marathonienne, où “je me mettrai à nouveau plus de pression, avec le chrono en tête. Le trail, je l’aborde plus détendue. C’est plus conciliable avec ma vie actuelle, où professionnellement je cumule mon emploi de contrôleuse des impôts et une activité de coaching. “ conclut-elle.

 

De quoi explorer ces prochaines années les chemins secrets du bois de Bouffémont, de la forêt de Montmorency, du parc de St Cloud et de la forêt de Marly, ses lieux d’entraînement préférés autour de son domicile et de la capitale. Au cours de sorties aux longs cours auxquelles elle prend de plus en plus goût… pour continuer à courir, autrement mais sûrement !