Matthieu Camison : dans la course pour les enfants.



Matthieu est un coureur presque ordinaire. Père de famille, spécialiste du développement commercial, la course n’est entrée dans sa vie qu’assez récemment. Le marathon d’abord, puis le trail. Mais ce père de famille issu d’une fratrie nombreuse court aussi pour soutenir une cause qui le touche : celle des Villages d’Enfants d’Action Enfance.

 

 

Matthieu et moi nous retrouvons devant le café WANTED, au coeur du XIXe arrondissement. Quarantaine fringante, Matthieu arbore une élégance décontractée. La dernière fois que nous nous sommes vus, le décor et les habits étaient très différents: nous venions de courir une course par étape, le Dust, dans l'extrême sud du Sahara marocain. 50 kilomètres par jour et des soirées coupées du monde propices aux rencontres et aux échanges riches. C’est là que j’avais donc appris à connaître Matthieu, son sourire communicatif et sa bonne humeur. Ils sont toujours là.

 

Matthieu est détendu. Il a démarré une nouvelle phase de sa vie professionnelle il y a peu, en fondant sa propre entreprise spécialisée dans le développement commercial et les partenariats, et semble bien se plaire dans ce nouveau challenge. Aussi à l’aise dans ses baskets que dans ses chaussures de ville, il émane de lui un contact facile. Père de famille actif, Matthieu court, comme des milliers de français, pour se sentir vivre et se challenger. Une histoire de coureur somme toute classique :

“J’ai toujours fait beaucoup de sport, mais jusqu’en 2008, je ne courais pas vraiment. Du foot, du tennis, du golf… la course à pied est venue après un pari idiot avec mon meilleur ami. Il avait participé au marathon de Londres, en 2007. C’est un bien meilleur coureur que moi, mais ce jour-là il a connu beaucoup de soucis et n’a pu terminer qu’en 4h07. Je lui ai dit que je ferai mieux que lui l’année suivante. Comme je n’avais jamais vraiment couru, j’ai dû quand même me préparer mais au final j’ai couru (en) mon premier marathon en 3h47 à Paris, en avril 2008”. Un résultat plus qu’encourageant pour une première expérience sur 42,195 kms, mais ce n’est pas forcément la performance que Matthieu retient le plus : “J’ai surtout su que la course me plaisait. J’aime ces sensations, ce temps pour moi. J’aime sentir l’environnement autour de moi lorsque je cours, écouter les bruits de la rue ou de la nature. Et puis, bien sûr, j’y ai trouvé de nouveaux défis!” explique-t-il.

 

Des challenges pour une bonne action !

 

Mais ces nouveaux challenges, Matthieu ne veut pas les vivre totalement seul, pour son plaisir égoïste et uniquement tourné vers son développement personnel. Car égoïste, il ne l’est pas. Même si il sait que ses réalisations sont ceux d’un “sportif amateur ordinaire”, il sent aussi qu’avec la même motivation entretenue pour préparer ses courses, et même un peu plus d’énergie encore, il peut faire de ses défis des vecteurs efficaces pour soutenir une œuvre.
Très sensible à la cause de la Fondation Action Enfance, dont il avait appris à connaître les missions lorsqu’il travaillait pour Lagardère, il se tourne naturellement vers Action Enfance : “ Je viens d’une grande fratrie et cette Fondation qui œuvre pour permettre aux frères et sœurs, retirés à leurs parents par le juge pour enfant pour carences éducatives graves, de grandir ensembles m’a particulièrement touché. J’ai donc fait part de mon idée d’organiser des collectes autour de ma participation aux épreuves au profit de l’organisation, à son directeur de la communication, Marc, qui était déjà un ami. Il m’a tout de suite donné le feu vert et depuis je cours pour soutenir la cause et la faire mieux connaître.”.

 

La première collecte est organisée autour d’un grand projet : la participation de Matthieu au marathon de New York, prévue en novembre 2012. Il se prépare avec sérieux “Je cours en général deux à trois fois par semaine, mais lorsque j’ai une course dans le viseur, je monte à quatre ou cinq sorties, ce qui représente bien sûr pas mal d’organisation entre le travail et la famille” et surtout parvient à collecter plus de 10 000 € pour la Fondation. Un succès important pour son action humanitaire, qui sera très vite concrétisée sur le terrain par l’aménagement d’un terrain multisport dans le Village d’Enfants de Bréviandes, dans l’Aube.
En revanche, sur le plan sportif, le rêve du marathonien ne pourra pas vraiment se concrétiser : c’est la mauvaise année pour le marathon de New York, celle de l’annulation due aux intempéries importantes. Notre parisien doit se tourner vers une course beaucoup plus proche et certes bien moins prestigieuse pour accomplir son marathon. Ce sera Orléans et le chrono se figera sur 3h17 à l’arrivée.

 

D’Orléans à New York

 

Matthieu continue à courir avec enthousiasme et sous les couleurs de la Fondation. D’autres soutiens, parfois inattendus, arrivent. Ainsi, en 2014, il rencontre Muriel, qui dirige les Broderies Lévêque et travaille avec de nombreux acteurs de la course à pied. C’est elle qui lui présente l’équipe de la Boutique Marathon. Sensibles à la cause d’Action Enfance et à l’engagement de notre coureur amateur, ils décident d’un partenariat. Une belle occasion pour Matthieu de faire encore mieux connaître la Fondation en bénéficiant du réseau et de l’exposition médiatique de la Boutique.

 

C’est aussi pour lui un réel soutien à sa motivation, qui, de toute façon, va en grandissant. Il découvre dans le Trail une autre façon de courir et des challenges encore plus inspirants : “En 2014, j’ai préparé la CCC et ce défi m’a beaucoup plu. On court face à soi-même, on rencontre ses limites, mais sans la pression du chrono et surtout dans une nature grandiose.” Il terminera l’épreuve, au bout de lui-même et après avoir résisté aux envies d’abandon, en un peu plus de 25 heures. Cette année-là est vraiment remplie sur le plan sportif puisque dans la foulée de cette nouvelle expérience, Matthieu court enfin à New-York. “Avec le gros foncier engrangé avant la CCC, je n’ai repris que tard et en axant tout sur la vitesse : le cocktail a bien fonctionné.” . Comme dans un rêve, il aborde Central Park presque euphorique et termine en très bonne forme, 3h15 après le départ sur le pont de Verazzano. “Cela reste pour l’heure mon plus beau souvenir de course.” sourit-il.

 

Cette belle saison se solde aussi, et surtout, par une seconde collecte réussie, qui permet l’aménagement d’une maison dans le dernier Village d’Enfants construit par la Fondation, dans la Vienne “Ce sont des aménagements intérieurs assez lourds, qui permettent aux éducateurs et aux enfants de bien vivre dans les villages. Les travaux sont importants.” précise notre bienfaiteur.

 

De nouveaux défis en vue

 

Depuis, Matthieu continue d’égrener sa passion de la course au fil de ses nouveaux défis. L’an passé, il participe au DUST donc, pour découvrir le désert. Le printemps l’a vu participer à son premier half- Ironman en triathlon, pour lequel il a dû se préparer sérieusement en natation, son gros point faible, cet automne il était au départ du marathon de Berlin. Le tout, bien entendu, en continuant de porter haut les couleurs de la Fondation.

 

 

Dans un futur proche, Matthieu aimerait participer au Marathon des Sables, un défi de taille dans un désert qu’il a donc découvert l’an passé, mais cette fois l’épreuve, plus longue et en autonomie, se déroulera sous la chaleur du printemps. Encore un beau défi en vue donc pour notre coureur au grand cœur, sur une épreuve qui possède l’aura médiatique capable de promouvoir efficacement une cause comme celle d’Action Enfance. Pour celui qui n’a encore jamais abandonné une course, ce sera encore une bonne source de motivation pour aller au bout. J’espère donc, à l’heure de nous quitter, revoir Matthieu à Paris mais aussi au fin fond du Sahara, à courir sur le sable chaud.

 

ACTION ENFANCE EN BREF :

ACTION ENFANCE est une FONDATION reconnue d’utilité  publique qui existe depuis près de 60 ans. Elle accueille, protège et éduque des frères et sœurs en danger, de la petite enfance à la vie adulte, en France

 

QUELQUES CHIFFRES :

 

  • + de 700 Enfants sont accueillis en permanence, dont 75% de Frères et Sœurs
  • C’est 11 Villages d’Enfants, le dernier vient d’ouvrir en août (à Monts-sur-Guesnes dans la Vienne) mais aussi 4 Foyers de jeunes adultes.
  • Cela représente 500 personnels éducatifs qualifiés.
  • et + de 3 000 enfants pris en charge depuis près de 60 ans.
  • Plus d'informations sur : www.actionenfance.org