Marc et Jeff partent à la conquête du Marathon de Berlin !

 

 

Entièrement plat et urbain, Berlin fait non seulement partie des 6 marathons majeurs de la planète mais il aimante surtout la plupart des records du monde.
Une véritable terre d’exploit où les coureurs viennent de la terre entière pour courir aussi vite qu'ils ne l'ont jamais fait. Alors dans quelle philosophie nos deux athlètes ASICS Marc & Jeff abordent-ils leur quatrième marathon international en commun ?

 

Marc

A 35ans, j’aspire encore à la performance mais je n’ai pas envie de faire de plan sur la comète. Si avec Jeff nous avons choisi Berlin, ce n’est pas seulement pour aller vite. Il y a aussi une jolie ville à visiter ! Après deux années compliquées sur le plan physique, mes dernières compétitions me donnent pourtant de bonnes indications et me font dire que je retrouve ma forme. Alors si la préparation se passe bien, je serai effectivement en mesure d’améliorer ma référence (2h28’00’’ à Rotterdam en 2013).

 

Jeff

Même si le bitume berlinois se prête aux performances exceptionnelles, je n’y battrai pas mon record. Millau a laissé des traces. Victime d’un syndrome des loges depuis octobre, j’ai perdu la sensibilité nerveuse de ma jambe gauche. Je suis resté plusieurs mois dans l’incapacité de faire du sport et ai longtemps cru qu’il allait être temps de m’inscrire au solfège plutôt que dans quelconque autre association sportive. Je ne retrouve un soupçon d’aisance et de plaisir que depuis très récemment. D’ailleurs, si de façon privilégiée j’avais déjà mon dossard grâce aux minimas, je n’ai pris mes billets d’avion qu’après m’être rassuré en gagnant deux trails en Bretagne les 11 et 14 juillet.

 

"Pas de succès sans plaisir"


Comment définis-tu le succès, Jeff ?
A vrai dire, si je pense qu’il y a autant de définitions que d’individus, je constate que lorsqu’il n'y a pas de plaisir, il n’y a pas de succès
Alors, ce marathon se fera le plus naturellement possible dans le plaisir…

 

(Marc intervient) :
Dans cette prépa, s’il faut enlever des indicateurs extérieurs pour mieux comprendre ses propres perceptions, nous n’hésiterons alors pas à courir sans montre, ni GPS.

 

Jeff :
Je ne l’ai finalement compris que récemment et c’est d’ailleurs en observant l’attitude de Jennifer (ndlr : la femme de Marc elle-même athlète de haut-niveau) au quotidien que j’ai trouvé l'inspiration. Mais « se comparer c’est souvent s’oublier ». Ca me demande beaucoup d’effort mais je pense être de plus en plus connecté à mon intuition et à mes perceptions.

 

Marc :
Et pour totalement réussir, il faut trouver l’équilibre entre intuition et raison.

 

 

La technique du binôme Lozano/Tatard en 6 étapes

 

1) Reconnaître ses forces et ses faiblesses (Marc)Trop d’athlètes ont tendance à se dévaloriser parce qu’ils mettent la barre trop haut ou à critiquer l’autre parce qu’il fait différemment. Mais ça, ça empêche de bien faire. Cette attitude est à proscrire car elle entame l’estime personnelle et la confiance en soi.

 

2) « L’imagination est plus puissante que la connaissance » disait Einstein (Jeff)
Un objectif ça se rêve. Ça se ressent. Il faut se focaliser sur le résultat plus que sur le plan qui permet d’atteindre ce résultat. L’année dernière, dans ma « prépa Millau » je faisais allusion à la méthode Coué pour parler de l’autosuggestion consciente. Et bien de la même façon, je pense qu’il faut programmer l’esprit à ce que nous voulons obtenir. Ça remplit d’enthousiasme et de satisfaction et ça permet de passer à l’action…
Enfin, je constate que sans représentation précise de notre objectif, 99 fois sur 100, on tape à côté.
Mon premier sport c’était le vélo et quel cycliste n’a jamais simulé sa victoire à l’entraînement ? Comment je lèverai les bras en passant la ligne en vainqueur ? Il faut penser à ces émotions. Faire l’effort de décrire ce que ça nous fera dans notre corps en pensant à tout ça.
Mon astuce : Me dessiner une image fixe de mon état désiré dans mon cerveau. Chaque fois que je revois cette image, cela imprime à mon cerveau une stimulation à agir et à faire des choix dans ce sens.

 

3) Visualiser ses progrès (Marc)
Si je demande hebdomadairement aux athlètes que je coache un retour écrit de leurs sensations sur notre « network plan », ce n’est pas seulement pour adapter ou réadapter leur plan d’entraînement. C’est aussi parce qu’il est un outil fabuleux. Il y a parfois plusieurs années d’historique. Ça permet de se recomparer. Il permet d’entretenir son focus et de ne pas le perdre de vue. De mieux se rendre compte d’où on en est. De tirer satisfaction du chemin parcouru. De se motiver à ne pas perdre les bénéfices si durement acquis. Et puis si le gars est en retard de se stimuler pour agir immédiatement et de ne pas laisser dériver une situation plus négative. Les anglo-saxons l’appellent le « tracing post » ou autrement dit un suivi affiché. Et son effet est magique… D’ailleurs, je vois de plus en plus de détails et de pertinence dans les contenus de mes athlètes avec le temps.

 

4) Pour la motivation, trouver des motifs d’action (Jeff)
Pour tenir dans le temps, il nous faut des raisons d’agir. Si l’outil de Marc est un incontournable, c’est pourtant pour moi un usage en doublon. Depuis l’âge de 15 ans, je note absolument tout au stylo dans un cahier et à bientôt 35ans, fais-le compte, ça commence à en faire une belle pile ! 
On y trouve un tas de couleurs, des citations, des chronos, des sensations, des conditions météos, des températures, des chiffres etc...

Mais partant du principe que notre esprit cherche deux choses : comment avoir plus de plaisir et comment éviter la douleur, je liste aussi des raisons pour réussir et des raisons d’échouer. On y trouve aussi mes objectifs et les raisons les plus stimulantes d’y arriver. C’est ma « Road Map » !!!

 

5) Viser sa confiance. Et investir sur ses points forts (Marc)
C’est pas très français de sse focaliser sur ses points forts mais pourtant, selon moi, il n’y a pas meilleur moyen de renforcer la confiance en soi. Avec les années je me rends de plus en plus compte à quel point les mecs que je coache éprouvent plus de plaisir à améliorer les endroits où ils ont des facilités naturelles que de se fixer sur des points d’amélioration. Progresser sur leurs qualités renforce leur confiance et c’est une spirale vertueuse.
Parole du coach : la bonne recette c’est 20% de son entraînement à développer des points faibles et 80 à renforcer ses points forts et ce que vous aimez le plus faire.

 

6) Et si le succès se planifiait aussi ? (Jeff)
Le cerveau c’est comme un muscle. Je l’entraîne comme j’entraîne mes quadriceps ou mes abdos. Concentration, persévérance, réactivité, créativité, application, etc. Peut-être même vais-je plus loin : je dirai que je programme mon entraînement mental de la même façon que Marc (et oui c’est aussi mon coach je vous le rappelle) programme mes séances de course à pied, de vélo ou de PPG. La motivation n’est pas une exception. Je suis persuadé qu’elle n’est pas innée et naturelle. Elle se travaille. Je visualise mon objectif lorsqu’il sera atteint et j’essaye de ressentir ce que cela me procurera. Je note tout dans mon cahier et presque tout dans le network plan de Marc. Je fais une liste de mes motifs d’action (aux conséquences positives et négatives). Chaque semaine, je fais un bilan à Marc de mes points forts et de comment je compte les renforcer). Je conditionne « ma tronche » en verbalisant à haute voix mon objectif jusqu’à le connaître par cœur.

 

Maintenant, dans le timing, short et runnings. No boring. Just pleasing ! Let’s go to travelling…

 


Une aventure à suivre prochainement, restez connectés !