Et si la cause de nos problèmes était dans l’assiette…

 

« Une pomme par jour éloigne le médecin »Un pomme par jour éloigne le médecin


As-tu tes secrets alimentaires, Jeff ?


Non pas vraiment. Déjà, je ne me pèse jamais. Je n’ai même pas de balance chez moi. Je quantifie absolument aucunes quantités et je mange quasiment autant que j’ai faim et dans l’ensemble, je ne me fie très subjectivement qu’à mes propres perceptions. La seule chose, c’est que s’il est vrai que j’évolue dans un contexte citadin, mon esprit lui est plus campagnard, à la différence qu’avec le temps, je mange de moins en moins de viande. Ou alors disons que, avec le temps, j’en ai relégué ma consommation à de l’exceptionnel. J’aime la viande. Et le plaisir est d’autant plus accentué aujourd’hui que je n’en mange que de la bonne et plus occasionnellement que par le passé. Ainsi, ma consommation alimentaire s’oriente essentiellement sur les végétaux. J’ai d’ailleurs tendance à privilégier les sucres lents des tubercules comme les pommes de terre que ceux des blés et du gluten (pain, pâtes, boulgour, semoule, etc). Dans ce même sens, je puise mes besoins en protéines dans les légumineuses (lentilles, haricots secs, fèves, pois cassés, pois chiches, etc) et je tire bénéfice de l’énergie qu’on retrouve dans des lipides de qualité (huile de colza, huile d’olive, huile de noix mais aussi les poissons gras ou encore l’avocat).


Sur quoi se fondent tes connaissances en nutrition ?


Tu fais bien de poser la question avant de démarrer l’interview. Car je n’ai absolument pas la prétention de pouvoir donner les éléments de réponses d’un expert en nutrition dont c’est le métier ou encore même d’un médecin. Je suis un passionné et curieux de ce que nous réserve la nature, alors je m’appuie uniquement sur ce que je lis, sur ce que je trouve, sur ce que j’expérimente. Des conseils d’experts que je suis capable de tarauder jusqu’à en extirper le nectar. Je me fie aussi énormément à mon expérience d’athlète et de mon « instinct paysan ». Avec le temps et l’amitié qui nous rapproche, j’ai aussi largement profité des compétences de l’ancien champion d’Europe de VTT, Jean-Christophe SAVIGNONI. C’est un grand champion mais c’est surtout un autodidacte qui s’est formé par ses investigations et dont les connaissances aujourd’hui en matière de nutrition sont suffisamment lourdes pour qu’on y puise de riches informations. D’ailleurs, ils animent, avec sa compagne Anne-Laure, un blog orienté wellness qui est très suivi : www.babaorun.com

 

Jeff et son ami JC SAVIGNONI, ancien champion d’Europe de VTT 1995 https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Christophe_SavignoniJeff et son ami JC SAVIGNONI, ancien champion d’Europe de VTT 1995
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Christophe_Savignoni 

 

Alors, dis-nous, comment définis-tu justement, ce fameux « équilibre alimentaire » ?

 

Lorsqu’on parle d’ « équilibre alimentaire », il s’agit surtout de l’équilibre de l’acido-base. Et l’équilibre de l’acido-base, c’est l’équilibre de deux forces antagonistes dans notre corps : l'acidité et l'alcalinité du corps. L’importance de cet équilibre est souvent méconnue. Et lorsqu’il est perturbé, c’est souvent lui qui est à l’origine de nombreux problèmes de santé : crampes, courbatures, fatigue, difficultés de récupération, tendinites, blessures, maladie, etc. Pourtant, même si la vie moderne nous fait plus facilement balancer du côté de l’acidité, nous avons la possibilité de permettre à notre corps de justement contrebalancer ça par notre alimentation. Disons que pour métaboliser certains aliments, notre corps fabrique des acides qui fragilisent notre organisme et qu’il est absolument nécessaire pour notre santé de vite revenir à l’équilibre par un régime alimentaire plus alcalin. Chaque aliment pouvant être ainsi classifié selon qu’il est 1) acide ou 2) basique.

 

Pourquoi l’alimentation a-t-elle un impact sur l’équilibre de cet acido-base ?

 

Pour faire simple, l’alimentation fournit des ions : acides ou basiques. Et lorsqu’il s’agit pour le corps de produire de l’énergie à partir des aliments que nous mangeons, le contenu va laisser dans l’organisme des résidus alcalin ou acide.

Ainsi, le soufre et le phosphore forment les ions justement acides dans l’organisme. On les trouve principalement dans les protéines animale (viande, poisson, œufs), mais aussi tout ce qui est à base de blés et de céréales (pain, pâtes, blé, gluten, etc).
Quant au potassium, le calcium, le magnésium et le sodium, eux ils forment dans le corps des réactions alcalines. Ne nous compliquons pas la vie, ces éléments on les trouve principalement dans les fruits et les légumes.

 

Peux-tu nous lister les aliments acides ?

 

« Toujours du plaisir n’est plus du plaisir »« Toujours du plaisir n’est plus du plaisir »

 

- Les viandes
- Les poissons et toutes les protéines animales
- Les céréales, le blé, le gluten
- Le pain
- Les sucres
- Le fromage (et le record pour le parmesan)
- Les produits ou plats raffinés, transformés et pré-préparés
- Les condiments (moutarde, cornichons, piments, mayo, etc)
- Les alcools, le vin (surtout le vin blanc qui regorge de sulfites)
- La caféine

 

Et les basiques ?

 

« la meilleure santé c’est de ne pas sentir sa santé »« la meilleure santé c’est de ne pas sentir sa santé »

 

- Les légumes
- Les fruits
- Les fruits secs
- Les oléagineux (noix, noix de pécan, noix du Brésil, cacahuètes non salées, amandes, noisettes, etc)
- les eaux riches en magnésium, calcium et potassium

 

Quelles sont les conséquences d’un « trop d’acidité » ?

 

Lorsque l’organisme est confronté à une trop grande quantité de charges acides, il va puiser dans des réserves alcalines pour rééquilibrer. Ces réserves, elles se situent principalement au niveau des os. Il y a donc un risque de déminéralisation. De la même façon, cette acidité dans l’organisme peut laisser s’échapper les réserves d’éléments alcalins (magnésium et potassium) dans les urines et donc engendrer des problèmes au niveau des reins. Et enfin, les charges acides quand elles ne sont pas éliminées, elles vont dans les tissus. Quel est le risque ? Quelle est la première chose que vous dit le médecin lorsque vous le consultez pour une tendinite ? « Réduisez la viande ! ». Et bien, ces acidités dans les tissus, liées à l’alimentation acidifiante, va, à la longue, engendrer pas mal de pathologies que nous connaissons bien : crampes, tendinites, blessures, moins bon rendement, fatigue, inflammation, maladies. Bref, une moins bonne santé et une vitalité dans son ensemble altérée. Et malheureusement, tout le monde est concerné. Pas seulement les sportif. Si en plus, on rajoute la clope, le stress et tous les « toxiques étrangers » comme les médicaments, les polluants, les pesticides, les conservateurs, etc. En plus d’ « encrasser » le foie, le déséquilibre augmente dommageablement.

 

 

 

Jeff et ses copains de l’EFCVO qui fête, au fast food, leur podium aux championnats de France de semi-marathon par équipeJeff et ses copains de l’EFCVO qui fête, au fast food, leur podium aux championnats de France de semi-marathon par équipe


On entend des choses sur le lait… Qu’en est-il au niveau de cet « équilibre » ?

 

Et bien, s’il s’agit juste de répondre à cette question, on va dire que certains aliments ont un impact plutôt neutre et le lait en fait parti. Car même si il est riche en protéines et qu’il a donc un pouvoir acidifiant évident, il est contrebalancé par la quantité de calcium qu’on y retrouve dedans. Comme le citron d’ailleurs qui malgré son goût évidemment acide, contient suffisamment de sels minéraux pour alcaliniser sa métabolisation par notre organisme.

 

Quels sont tes conseils, Jeff ?

 

Encore une fois, je n’ai pas les compétences d’un spécialiste. Pour ça je peux vous donner le numéro de téléphone de Marie-Caroline SAVELIEFF, nutritionniste réputée dans le milieu de la course à pied ou encore celui du Docteur Laurent AUMONT, expert en nutrition et qui conseille les joueurs du PSG. Ce sont mes amis et pour le coup, eux, ont, non seulement la capacité de comprendre des choses excessivement complexes mais ils ont aussi réellement longuement étudié ce sujet très sérieux. La seule chose que je peux faire c’est vous faire partager mes petites astuces…

 

« Quelques châtaignes mixées à du potimarron parsemés de graines de courges et de sésame et arrosés d’huile d’olive artisanale », la recette de Jeff pour une soupe qui régale toute sa famille« Quelques châtaignes mixées à du potimarron parsemés de graines de courges et de sésame et arrosés d’huile d’olive artisanale », la recette de Jeff pour une soupe qui régale toute sa famille

 

Alors quelles sont tes astuces ?

 

Les choses sont déjà suffisamment compliquées pour se rajouter des contraintes. Je pense qu’il faut faire simple. Il ne s’agit pas de choisir un camp entre l’acide et le basique et de se priver des plaisirs de la vie. Il s’agit juste d’équilibrer et d’entretenir sa vitalité. C’est un effort du quotidien et il faut le faire le plus naturellement possible. Ainsi, même si l’indice PRAL des aliments est très utile pour quantifier l’influence des aliments qu’on mange sur cet « équilibre », rien ne sert de trop s’alourdir l’esprit. Vous l’aurez compris, si vous voulez préserver votre capital santé, mieux vaut réduire les viandes, le sel, les produits à base de blé et les produits transformés et à l’inverse systématiquement privilégier en plus grande abondance les fruits et les légumes à tous les repas.