Le volume, on t'a dit ! Le volume...


Avec 357kms cumulés, ce dernier bloc n'aura (logiquement) pas été le plus gros des 3. Pas d'inquiettude, c'est normal! Après une première semaine de ce dernier bloc à compter 196 pitons tout-de-même, on a déjà commencé à repasser la vitesse inférieure, en seconde. Qu’on s’entende, avec 161kms en 2è semaine, je n’ai pas glandouillé non-plus.
On a par ailleurs maintenu les mêmes composantes que pour les précédents blocs : du seuil, de la VMA, un coup : 15x1000m en 3’28’’ de moyenne et un autre coup : 10x1500m autours des 5’12’’- 5’13’’ avec peu de récup mais toujours en nature (pour économiser un peu les tendons), des côtes, des descentes, du "cassage de fibres", de l’électrostimulation, de la PPG, du stretching, du stanish, de la proprioception. Par contre la grosse différence. Aussi pour rompre la monotonie. C'est que j'ai participé à deux compétitions : 2 trails assez exigeants de 22 et 25bornes d’un niveau rendu élevé par une belle concurrence (NDLR : les frères DUHAIL de Team Outdoor font partis des meilleurs de la région. S’ils sont arrivés aux deux premières places des 30kms de l’ECOTRAIL, cette année et qu’ils « se sont offerts » un certain Thierry BREUIL sur le Trail de la côte d’Opale la semaine suivante, le grand, Jonathan a par exemple, couru SENART en 2h29’ et le jeune, Nicolas, a terminé 6ème de la 6000D. Si tout se passe bien, ils seront tous les deux dans les premiers aux Templiers, fin octobre). D'ailleurs, comme prévu, après le second trail, je suis rentré en courant. J'ai tout-de-même produi 4 heures de course à pied ce jour là et couru 55kms. Et la grosse satisfaction, c'est que, sans que ce soit la priorité, je suis, à chaque fois, parvenu à monter sur la première et deuxième marche du podium. Même s'ils servaient de support d'entraînement grandeur nature, Gagner : C'est très très bon pour le moral !!!

 

 
Et la fatigue alors ?

Etrangement, la plus grosse sensation de fatigue, ce n'est pas aujourd'hui que je la ressens. La plus grosse difficulté a, à chaque fois, été, après la semaine de repos pour réattaquer un bloc. Comme si le corps s'habituait à ce qu'il avait fait des derniers jours...
Et puis, j’ai beaucoup de chance. Je suis bien entouré. Quand ton Doc évolue quand-même au sein du PSG et qu’il doit ainsi être probablement l’un des plus busy. Imagine qu’il fasse quand-même l’effort de chambouler tout son agenda pour te faire une mésothérapie dans la journée où tu l’appelles. Quand tu préviens la veille au soir ta pote Marie-Line HAMON, une podo au timing également plus que serré, d’un petit bobo à l’orteil et qu’elle te fait  venir le lendemain juste avant l’ouverture pour réparer tout ça. Ou alors quand ton kiné t’ouvre la porte de son cabinet exceptionnellement et rien que pour toi un dimanche soir pour te faire profiter d’une séance de cryothérapie corps entier, on peut dire que tu es un sacré privilégié.



Autosuggestion consciente

Bien avant d'avoir lu les travaux d'Emile Coué, il y a déjà bien longtemps que j'avais découvert que j'avais deux "moi". Le "moi" conscient et volontaire et le "moi" inconscient et plutôt imaginatif (NDLR : voir parsemé d’un soupçon de folie ?). Et, devinez le quel des deux, dans une situation exceptionelle, m'inspire le plus confiance ?
Je suis convaincu que ce n'est pas ma seule volonté ou ma "capacité à m'organiser" qui me permettent de m'entraîner autant et de supporter des journées aussi chargées. Je n'ai pas de talent particulier et je n'ai pas l'esprit aussi guerrier que je peux le laisser croire. Je crois que ma plus grande qualité repose sur ma capacité à me placer rapidement dans une disposition positive et optimiste. Vous me croirez ou pas mais lors d'une sortie sous la pluie j'arrive à diminuer la perception de froid en imaginant le soleil. Quand la nuit a été courte, le simple fait d'imaginer que je me suis couché plus tôt la veille m'aide à diminuer la fatigue. Seul à l’entraînement, il m'arrive d'imaginer que les arbres de la forêt sont des spectateurs et que le pont au loin représente l'arche d'arrivée. D'ailleurs, le quel cycliste, à l'entraînement, n'a jamais simulé un sprint d'arrivée à la pancarte de l'entrée de la ville. Bref, j'imagine les choses comme j'aimerais qu'elles le soient. J'évite les pensées négatives et élimine d'entrée les problèmes qui n'ont pas de solution.

 


Prise de confiance

 



Quand j'étais enfant, il y avait une série TV que j'adorais. L'Agence Tout Risque ! Et à chaque fois, la phrase que j'attendais le plus, c'était celle d’Hannibal et son gros cigare au coin des lèvres : "J'aime quand un plan se déroule sans accros". Quand je fais les comptes : ce sont presque 1 200 kms en 8 semaines. Je suis vraiment satisfait parce qu’avant de démarrer la prépa, parmi les règles que je m'étais fixé, il m'était important de ne rien manquer. Pas une séance. Même la moins significative qu'on pourrait croire. Ne rien abandonner. Finir tous les entraînements. Respecter les allures. Savoir aller vite quand il le faut et rallentir à d'autres moments. Il entraîne une floppée de champions. Ceux qui l'écoutent ne se loupent jamais : Faire confiance aux dosages et aux recettes de Marc (le coach). Et faire mes soins correctement sans ne rien négliger.



"Fais du bien à ton corps pour que ton esprit ait envie d'y rester"

Ce soir, si c'est le plus simple de la prépa, le moment est capital. Je rentre dans la période d'assimilation. Le moment où l'esprit va se refaire une santée. Le moment où le corps va reconstruire toutes les fibres cassées. Je sais que j'ai "fait le job" et que je ne pourrai pas avoir de regret. J'aurais investi pour "la prépa Millau" toutes mes compétences et ce que la nature m’a légué comme modestes qualités...

 

Les derniers détails

Désormais, mon volume d'entraînement va significativement diminuer. Je vais le diviser par trois. Par contre, il reste à préparer et vérifier le matériel et la logistique : le vélo, la transmission, les paniers, les chaussures, la diététique et l'alimentation en course, les boissons, etc.
En plus d’une séance de cryothérapie corps entier à -180°, je vais aussi et bien évidemment aller faire une révision et un ou deux derniers massages au Pole kiné CHENEL et laisser mes jambes aux mains de l'excellent Guillaume Lange.
Je vais enfin préparer mes pieds avec une pédicure au cabinet de Marie-Line VIZERN HAMON à j-8.
Et ce qui me plongera définitivement dans ma bulle, c'est le fameux RDS.



Le RDS

Le régime dissocié scandinave ne date pas d'aujourd'hui et si ses résultats sont parfois contreversés, chez moi, même s'il ne fonctionnerait pas, il me permet de finaliser complètement le travail. De me plonger dans un état de concentration optimum à l'approche d'un grand objectif.
À quoi consiste-t-il, me direz-vous ?
Le régime dissocié commence 6 jours avant la date de la compétition. Il comprend 2 périodes de 3 jours chacune, dont la première consiste à exclure du régime alimentaire toutes formes de glucides: c'est la phase protido-lipidique. Elle débute obligatoirement le premier jour par une séance de course intense et prolongée. Cette phase a pour but d'épuiser les réserves de glycogène musculaire par un effort physique, puis de les maintenir aussi basses que possible pendant 3 jours, par une alimentation appropriée. La seconde période de 3 jours précédents l'épreuve a pour but, à l'inverse, d'augmenter au maximum les réserves de glycogène musculaire et hépatique: c'est la phase de surcompensation. Elle consiste à adopter un régime alimentaire composé exclusivement de glucides, au détriment des protéines et des lipides, et à réduire au maximum son activité physique.
Le principe de la méthode étant que l'activité de la glycogénogénèse est extrêmement élevée après une déplétion complète des réserves de glycogène, ce qui accroît les capacités de recharges de façon à atteindre des valeurs nettement supérieures à ce qu'elles auraient pu être avec un régime équilibré et un entraînement normal.
Néanmoins, je ne le répète que très-très occasionnellement. Je ne le sorts de ma manche que pour les très-très Grandes Occasions... ;-)

 

Et nul doute que dans une semaine, l'occasion sera grande pour Jeff de nous faire un coup, comme il le dit, et c'est tout le mal que nous pouvons lui souhaiter. Bonne course à toi l'ami !