Mon NY Marathon à moi
New-­York vaut bien 4 ans d’attente ;)


Tout débute en 2010…


Cela fait quatre ans que j’attends de courir le mythique Marathon de New York. A l’époque, nous décidons avec mon ami de toujours, Bertrand, et une bande de copains de participer à cette course qui nous fait rêver depuis si longtemps. Nous sommes en 2010 et ce sera pour 2012, c’est décidé.

 

Nous construisons petit à petit le projet. Après une étude de marché très sérieuse nous décidons de partir avec Janet Tours, agence familiale bien placée en prix et au service impeccable. Sa patronne, Janet est un personnage attachant, haut en couleur.
C’est à cette époque là que j’exprime le souhait de mêler l’utile à l’agréable. Ce projet sportif est important pour moi et j’aimerais m’en servir pour faire quelque chose d’utile pour les autres. Plusieurs mois s’écoulent… Je me demande ce que je pourrais bien faire qui ait du sens et qui puisse me correspondre. Une idée est en train de germer dans ma tête. Je la laisse faire son chemin.

 

Je sais aujourd’hui que la 1ère rencontre professionnelle avec Marc et Caroline, de la Fondation Action Enfance fut décisive : Marc est un homme passionnant, passionné, loquace. J’ai un coup de coeur pour cet homme qui parle de la vraie vie, de manière simple, faisant passer des messages ponctués d’anecdotes. Le sujet est sérieux, les mots précis. On parle de la protection de l’enfance. Dans mon métier, on ne rencontre pas des personnes de ce niveau là tous les jours.
Caroline, plus réservée, complète parfaitement les propos de Marc. Elle définit l’objectif et prend une certaine distance avec le sujet qui est grave. Ces deux-­?là se complètent à merveille et une complicité professionnelle se dégage naturellement. J’aime ce tandem qui est en face de moi.

 

2012, place à l’imprévu !

 

Un beau matin de 2012, je sais pour qui je veux courir. C’est évident. J’appelle Marc et je lui dis que je veux faire quelque chose pour la Fondation à l’occasion du Marathon de New York. Si je ne connais pas encore les modalités exactes, mon idée est de récolter des fonds pour financer un projet concret pour les enfants en danger. C’est le point de départ d’une jolie histoire avec la Fondation.

 

Je décide de vendre virtuellement mes kilomètres de course pour récolter des fonds : plusieurs mois plus tard, j’ai récolté grâce à un immense élan de solidarité 10 500€ qui serviront à construire un terrain multi-sports dans le tout nouveau Village de Bréviandes près de Troyes.

 

Terrain multi-sports du Village d’Enfants de Bréviandes

 

2012 aura vraiment été étonnante : le bonheur d’avoir réussi le challenge pour la Fondation s’est mêlé au dépit de l’annulation du Marathon de New?York 2012 pour cause de tempête mais aussi à la satisfaction de courir avec mes camarades de fortune le Marathon d’Orléans quelques jours plus tard !

 

Depuis 2012, je cours toutes mes courses, et elles sont de plus en plus nombreuses, aux couleurs de la Fondation Action Enfance. Je profite de la moindre occasion pour faire connaître le formidable travail des professionnels de l’enfance qui protègent, éduquent et donnent un avenir à tous ces frères et soeurs qui en ont besoin, dans un cadre de type familial.

 

2014, New-­York nous voilà

 

En 2014, je veux remonter un projet pour les enfants qui arrivent à la Fondation.

Le nouveau projet servira à financer l’aménagement intérieur d’une des huit maisons du prochain Village d’Action Enfance à Mont sur Guesnes dans la Viennes qui accueillera 48 frères et soeurs abimés par la vie, qu’il faudra protéger.

 

Au cours de cette année j’ai la chance de rencontrer une fée qui deviendra mon sponsor, mon mécène, ma partenaire de défi… Elle est en fait bien plus que ça. Généreuse et touchée par ma démarche, elle fait tout pour m’aider et me faciliter la vie. Ma fée s’appelle Muriel et croyez?moi elle est formidable.

Chef d’entreprise, courageuse, bosseuse et toujours positive, elle dirige une entreprise de broderie haut de gamme qui s’est diversifiée avec succès dans le flocage de maillots, avec toute la technicité que cela comporte.

Broderie Lévêque à Montreuil travaille directement ou indirectement avec beaucoup d’organisateurs et de partenaires de course à pied et c’est ainsi que Muriel a négocié pour moi un partenariat avec Boutique Marathon : Frédéric et Cédric sensibles à la cause des enfants et généreux dans l’âme se proposent d’aider le « chouchou de Muriel » !

 

Je suis très fier de devenir un coureur amateur Boutique Marathon. Dorénavant je porterai les couleurs d’Action Enfance et de Boutique Marathon. Avant de partir pour New York, Muriel me fait la surprise de me fabriquer une tenue spéciale pour le grand jour. Rien n’est laissé au hasard ;)

 

La préparation

 

En terme de performance, je ne sais pas trop comment me situer. Après la CCC fin août, j’ai coupé pendant presque trois semaines. Mon corps en avait besoin et ma motivation n’était plus très grande. J’ai décidé de préparer ce marathon en étant à l’écoute de mon corps que j’avais beaucoup sollicité cette année, et de travailler de manière spécifique, sans suivre scrupuleusement de plan.

 

Seules certitudes, une séance de fractionnés courts chaque jeudi avec Mohamed Amaarouk, notre coach chez Lagardère et une séance de fractionnés longs chaque samedi matin à Vincennes avec les potes d’Urban Running. Les coaches sont très sympas et l’ambiance y est excellente. Par fidélité et parce que j’aime me sentir libre, je suis licencié FREE RUNNERS LE CLUB, parfaitement incarné par Pascal Sylvestre. En complément, un petit footing d’une heure et une sortie longue complèteront ma semaine.

 

Je décide assez vite de prendre New York comme une belle balade pendant laquelle je veux prendre un maximum de plaisir, c’est mon leitmotiv. Et comme je suis quand même compétiteur, je souhaite le terminer en moins de 3h30. Je sais que ce marathon est technique et déjà les conditions climatiques s’annoncent difficiles.

 

Il faut dire que ma priorité cette année était ma course autour du Mont?Blanc quand j’ai reçu l’heureuse nouvelle après le tirage au sort. Je ne pouvais pas laisser passer une chance pareille. Le programme cette année aura donc été chargé.

 

Vendredi 31 octobre, nous partons avec la bande de 2012 qui s’est agrandie depuis. Nous sommes 13 coureurs désireux de vivre avant tout une aventure humaine en allant au bout du projet sportif que l’on prépare depuis des mois.

 

Dimanche 2 novembre, le matin de la course, je décide finalement de partir avec Bertrand, Frank et Nico qui visent 3h15. Je me dis que je regretterais de ne pas courir une partie de la course avec eux. Il s’agira pour moi d’être raisonnable en cours de route, si le tempo devient trop élevé. Je sais que je prends le risque d’exploser en vol mais je me fais confiance pour gérer : je vais participer à mon cinquième marathon.

 

Douze des treize compères dans la longue attente avant le départ

 

Quelques instants avant la course

 

Après avoir attendu dans le froid ensemble pendant près de deux heures, chacun rejoint son point de départ matérialisé par une couleur : bleu et orange au dessus du pont et vert en dessous. Nous nous souhaitons tous bonne chance par des gestes amicaux.
Rendez-­vous à l’arrivée !

 

Ma dernière accolade avec Aymeric est émouvante. Nous avons tous deux en tête ce marathon de Paris 2013  partagé jusqu’à la ligne d’arrivée. Nous prenons l’engagement respectif de ne rien lâcher. Aymeric a une revanche à prendre. Je sais qu’il s’est bien préparé pour cette échéance et que son mental s’est renforcé. J'ai confiance et je lui dis.

 

Sonja, Delphine, Bertrand, Nico, Frank et moi attendrons encore une heure tous les six dans notre sas de départ, ce qui est un vrai plus pour faire passer le temps et nous réchauffer. Une belle émotion nous envahit sur la ligne à l’approche du départ quand nous entendons dans les haut?parleurs l’hymne américain.

 

Top départ

 

C’est parti, 9h42, SAS Vert sous le pont Verrazano, on s’élance… La montée nous met tout de suite dans la bain et les rafales de vent m'obligent à protéger mon dossard d'une main afin d'éviter tout risque d'envol qui signifierait la fin du chrono. Bretrand qui adore les côtes, part comme une balle, alors que Franck et moi suivons prudemment. Nico se retrouve intercalé entre Bertrand et nous.

 

Alors que Nico hésite à poursuivre son effort intense pour rejoindre Bertrand qui l'encourage, Franck accélère pour recoller Nico. Je prends vite la décision de l'imiter et de poursuivre la balade avec eux. Cette accélération a pour conséquence de me créer un point de côté que je garderai cinq kilomètres. Mon début de course est plus compliqué que prévu mais je ne m'affole pas. Nous restons en formation à trois pendant plus de 22 kilomètres et profitons pleinement du paysage et des encouragements incroyables de la foule.

 

 

 

 

 

 

 

L’enthousiasme de la foule est tel que nous n'en revenons pas et échangeons quelques mots entre nous pour se dire que ce que nous vivons à cet instants est hallucinant ! Le rythme est bon, nous sommes dans les temps de passage au semi pour un finish aux alentours de 3h14, c'est notre métronome Nico qui nous l'affirme et on sait qu'il est fiable.

 

Avec Frank à gauche… et Nico à droite

 

Dans une légère descente, grisé par les « Come on Matthew » et les tapes dans les mainsdes enfants et des adultes qui crient tout ce qu'ils peuvent, j'accélère involontairementet perds Nico et Franck. J'ai beau me retourner, je ne les vois plus. Pas facile de courir tête dans l'autre sens. Quelque peu désorienté, je me résigne à y aller seul ce qui n'était pas du tout ma stratégie. J'avance et me conditionne par une pensée positive. Je prends les miles les uns après les autres et dois désormais gérer mon allure seul.

 

J'avance aux sensations et prends pour points de repère un meneur d'allure 3h15. Au 16ème mile, je contrôle mon temps de passage sur mon bracelet : je reste sur une allure de 3h14. Tout va bien, les signaux sont au vert et les jambes suivent.

 

Je redoute le passage du 25 au 30ème kilomètre qui est un long faux plat. Je le négocie plutôt bien. Il faut tenir maintenant. La montre affiche 2h15 de course, je m'accroche à l'idée qu'il ne me reste plus qu'une à faire. Je continue à prendre tous les encouragements possibles. Ces derniers me portent indéniablement.

 

 

La fin de course

 

Je suis à présent dans la résistance, il me reste 7 kilomètres 200 à parcourir et les jambes deviennent plus lourdes. Je tente de maintenir l'allure mais je vois bien qu'à la montre je baisse de 5 à 10 secondes au kilo. Rien de dramatique, j'avais 1 minute 10 d'avance au 16ème miles.

 

Arrive maintenant le retour sur Manhattan au sortir du Bronx et cette interminable 5ème avenue qui monte et qui fait bien mal aux jambes. Je guette à présent l'entrée à droite des coureurs sur Central Park mais toujours rien. Je commence à désespérer. C'est là que Franck, en pleine forme, produit son effort et revient à ma hauteur avec un petit mot adorable comme toujours. Il me refait le coup d'Orléans deux ans plus tôt. C'est qu'il est costaud l'animal !

Il m'apprend que Nico n'est pas loin derrière mais qu'il n'a pas pu suivre. Je tente de me mettre dans ses pas mais je souffre beaucoup à présent. Je tiens peut-être 600/800 mètres jusqu'à l'entrée dans Central Park mais je ne suis plus capable de suivre. Franck accélère tandis que je fais tout ce que je peux pour ralentir le moins possible.

 

 

 

 

 

L'ambiance est électrique, c'est de la folie. Grâce au  prénom écrit sur mon tee-sirt, beaucoup de français et d'américains me félicitent et me poussent. Je n'ai plus la force de leur faire signe. A présent, tout le monde souffre. Les trois derniers kilomètres se font à présent à 4'58 au kilo.

Je passe sous la banderolle 25 miles puis je vois la pancarte 800m, celle qui indique 400m et ensuite 26 miles. J'y suis presque...

 

 

 

Ca y est, je vois la ligne d'arrivée, je tente une accélération mal maitrisée puis je passe enfin la ligne. Ma montre affiche 3:15:48 mais je serais crédité de 3:15:45.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est une très belle surprise pour moi. J'étais dans un bon jour, les encouragements m'ont sacrément aidé et mon projet pour les enfants d'Actions Enfance a été une motivation supplémentaire.

 

Je retrouve Bertrand et Franck quelques centaines de mètres après la ligne. Ils réalisent respectivement 3:11:37 et 3:14:05. Record personnel battu pour tous les 3 ! Nico arrivera juste derrière avec 3:17:34. Beau tir groupé, une fois de plus. Nous sommes fatigués mais heureux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On rentrera à l'hôtel en marchant sous le soleil dans un bon moment de partage

 

Ce marathon est définitivement à part. Il est magiqu, il est beau, il est difficile. Le public est chaud bouillant !

 

On a vécu un truc très fort à l'occasion de cette course mais plus largement au cours de ce voyage tous ensemble. Les treizes coureurs de la bande arriveront au bout de ces 42,195m. C'est du 100% de réussite. Mention spéciale à Bobby et Jérôme pour leur premier marathon.

 

J'encourage tout coureur à faire une fois dans sa vie le Marathon de New-York. C'est un must !

 

A titre personnel, je remercie tous les amis et donateurs pour leur soutien et leur grande générosité. Vous avez été extraordinaires avec moi. Merci pour les enfants.

La collecte dépasse à présent les 10 000 euros grâce à au compteur et aux chèques.

 

Rendez-vous bientôt pour de nouvelles aventures : à commencer par le 80 kilomètres de l'Eco-Trail de Paris le 21 mars 2015 avec une arrivée au premier étage de la Tour Eiffel !