Michael Lozano, athlète émérite et néo-triathlète, découvrait les championnats du monde de triathlon 70.3 (half Ironman) au Tennessee. Il nous raconte son expérience.

 

Du cross au triathlon



 

Athlète depuis toujours, Michael continue de conjuguer sa passion de la course à pied de façon classique : cross l'hiver, piste l'été, un soupçon de course sur route et un trait de trail. Ses records personnels (3’53” sur 1500 m, 1h08’ au semi-marathon) plaident pour lui.
Néanmoins, avec les années, il n’est pas toujours facile de garder la même motivation et si l’athlète de Franconville reste toujours aussi performant en cross (60e des championnats de France cet hiver) il aime aussi relever de nouveaux challenges.
La découverte l'été dernier du triathlon sur le format 70.3 (demi-Ironman :.1,9 kms de natation, 90 kms à vélo et 21,1 à pied, soit 70.3 miles ou 113,1 kilomètres) fut ainsi à l’origine d’une nouvelle passion. “J’y suis allé presque par hasard. Je pratique le duathlon, sur des formats très courts, depuis quelques saison . En fait, j’ai découvert la discipline par mes blessures de coureurs : quand vous êtes blessé, vous devez rouler ou nager pour vous maintenir en bonne condition.” Explique le néo-triathlète. “Mais l’an passé, un copain du club qui fait aussi du triathlon, sur longues distances, m’a proposé de courir le 70.3 de Vichy. J’ai relevé le défi. Je n’avais jamais fait de triathlon et bien sûr le départ groupé en natation m’a un peu impressionné. Je n’étais pas super à l’aise. Mais par la suite, le vélo et la course à pied se sont bien passés, j'ai notamment réussi le 4e temps à pied en 1h16, et je suis rentré très satisfait de l’expérience”.
Surtout, ce triathlon de Vichy lui permet de se qualifier dans sa catégorie d’âge pour les championnats du monde de la discipline. Une invitation qu’il ne refuse pas. “C’était un beau défi à relever, et une nouvelle discipline à investir et explorer. En plus, la course avait lieu à Chattanogaa, dans le Tennessee, c’était l’occasion d’un beau voyage!”.

  

Un ticket pour les championnats du monde

 

Un voyage qu’il prépare cependant cet hiver sans lâcher sa discipline de prédilection : “J’ai fait une belle saison de cross, mais après les championnats de France, j’ai vraiment eu un coup de fatigue. J’ai coupé. J’ai ensuite participé aux Interclubs sur 3000 m, mais la fatigue était là. Je me suis alors davantage tourné vers la préparation spécifique pour ces mondiaux, en intégrant beaucoup de vélo et de natation. Côté compétitions, je n’ai fait qu’un seul triathlon en juin, deux trails pour le foncier, quelques duathlons. Mais c’est surtout le stage d’entraînement effectué aux côtés d’athlètes bien motivés (mon frère Marc, qui est aussi mon entraîneur, Christèle Daunay et son compagnon…) en août qui m’a remis sur les rails. J’étais en forme.”

 

 

Direction le Tennessee.


Michael s’envole donc confiant vers les Etats-Unis, et surtout sans se mettre de pression : “Je suis encore novice et je n’avais aucune idée du niveau que j’allais trouver sur place. Ce sont des mondiaux tout de même assez ouverts avec les qualifications par catégories et j’ignorais totalement la vitesse moyenne du peloton. J’ai été plutôt impressionné par la densité!”.

 

 

Un long voyage qui commence bien sûr par un vol long courrier avec des escales “Mon vélo a été égaré à Charlotte. Heureusement, je suis arrivé sur place le mercredi et j’ai pu le récupérer le lendemain, ce qui me laissait de la marge pour une course le dimanche.”
Le temps de se remettre du décalage horaire et de se plonger dans l’ambiance “Toute la ville était au diapason de l'événement et l’ambiance était extraordinaire. C’était ma deuxième expérience aux US après le marathon de New-York et j’ai trouvé ça très comparable. Le même enthousiasme, avant, pendant et après la course.”

 

Un triathlon aux forceps

 

 

A l’heure se s’élancer, Michael est donc plutôt serein. Le départ en natation lui paraît beaucoup moins impressionnant qu’à Vichy. “Je m’étais préparé en nageant en eau libre, ce qui m’a permis d’être plus à l’aise dans l’eau. Ici, le départ par vague fait aussi que l’on se sent un peu moins dans la foule, même si bien sûr on nage toujours entouré.” La sortie de l’eau confirme cette impression, Michael est allé bien plus vite que l’année passée en Auvergne: “J’ai mis 33 minutes pour nager dans la rivière Tennessee, cela marque bien mes progrès, même si la natation reste mon point faible.”
Mais la suite va s’avérer plus difficile : “J’ai eu du mal sur les 30 derniers kilomètres à vélo, sans doute parce que mon volume d’entraînement n’avait pas été suffisant. Et puis c’est un parcours difficile : une première côte longue qui s’est bien passée pour moi, puis des montagnes russes très dures à enchaîner. J’ai vraiment fini en forçant, même si j’ai essayé d’en garder un peu pour la course à pied.”

 

 

Mais au bout de ce parcours vélo que Michael boucle tout de même à 33 km/h de moyenne, le semi-marathon va s’avérer très délicat : “Là encore, le parcours n’était pas facile, avec tout de même 200 m de dénivelé ce qui n’est pas rien pour un semi. Je suis assez bien parti, à 15 km/h, mais je ressentais de petites crampes. Au bout de 5 kilomètres, elles sont devenues impossibles à gérer en maintenant l’allure. J’ai dû me résoudre à marcher. J’ai pu un peu repartir sur les tous derniers kilomètres mais ce fut dur. Je termine ce semi en 1h53.
Je pense que c’est mon manque de puissance en vélo qui m’a pénalisé sur cette fin de course à pied.”

 

 

 

Nice dans le viseur

 

Mais l’expérience, qui se conclue sur une 1417e place sur 2500 classés en 5h14, reste tout de même très enrichissante pour Michael. “Pour moi, l’idée était de tenter l’expérience. Je ne me voyais pas forcément la poursuivre plus loin. Mais là, je me suis pris au jeu et j’ai vraiment envie de progresser. Je dois davantage rouler à vélo. C’est dans ce secteur que je peux le plus m’améliorer.” explique l’athlète qui a déjà repris le chemin de l’entraînement et participe dès ce week-end à un duathlon. “Je vise une qualification pour les prochains championnats du monde avant la fin de l’année, et surtout de bien progresser pour les mondiaux dans deux ans, qui auront lieu en France, à Nice.”

 


Un objectif sans doute à la portée de ce coureur passionné, qui jongle depuis des années entre son travail de chargé d’affaires dans l’aéronautique et ses six à sept entraînements par semaine. “J’ai vraiment envie de poursuivre le triathlon sur ce format. L’ironman me paraît trop long et trop chronophage. En plus, je suis un touche à tout et j’ai envie de poursuivre aussi le cross, la piste et la route… Mais c’est vrai qu’il faut être motivé pour s’entraîner au quotidien. De toutes façons, c’est la passion qui me conduit là depuis des années…” Et à écouter Michael, on sent que la flamme n’est pas prête à s’éteindre !